PIQUE ROUGE DE BASSIES: JUSTE FABULEUX !!

Pour mon premier article, je vous emmène dans les Pyrénées ariégeoises, à une époque -pas si lointaine que ça- où l’idée de voler de mes propres ailes commençait tout juste à me trotter dans la tête. Une époque où je ne partais marcher que certains week-ends, vu que je passais la semaine au bureau -mais ça, c’était avant…

Début de rando sur le GR10, avec vue sur le Mont Garias (2006m).

UN DEPART TARDIF, MAIS UN PARCOURS PROMETTEUR

L’été dernier, par un beau dimanche ensoleillé, je décide d’aller explorer la Haute-Ariège. A part le Pic des Trois Seigneurs (2199m), je ne me suis encore frotté à aucun haut sommet dans cette région. Les noms des principaux sommets du coin -Pique d’Estats (3143m), Mont Valier (2838m), Pic de Maubermé (2880m), etc…- laissent rêveur, mais ces sommets sont plutôt éloignés car situés à la frontière espagnole, et je n’ai qu’une seule journée. J’opte donc pour la Pique Rouge de Bassiès (2676m), un peu plus facile d’accès; un beau challenge tout de même, avec un dénivelé conséquent. Pour accéder à ce sommet, plusieurs approches sont possibles. Je décide de partir depuis le parking de la Coumebière (environ 1400m), au bord de la D8f qui monte d’Aulus-les-Bains au Col d’Agnès.

Le marquage jaune peut être suivi jusqu’au Col de las Fouzès.

Habiter à 1h30 du pied des premiers sommets du Luchonnais et de la Vallée d’Aure a un avantage certain: je peux facilement faire la route dans la journée. Mais pour aller jusqu’au coeur des Pyrénées ariégeoises, c’est une autre histoire. Après un lever difficile retardant mon départ de la maison, me voilà pris dans un embouteillage à St-Girons. Alors bon, je serais bien resté pour le festival de musique, mais ce jour-là, j’ai une autre idée en tête. Je décide de faire un détour qui me rajoute une bonne demi-heure de route. Il est donc déjà 11h45 quand je commence à marcher. Mais qu’importe, le temps est au beau fixe, je devrais en prendre plein les yeux.

Le petit Etang de Labant est un « spot » de pique-nique idéal pour les familles.

Le parking de la Coumebière est tellement bondé que j’ai dû me garer le long de la route. J’emprunte le GR10 direction SE sur quelques centaines de mètres avant de bifurquer sur la droite. Le sentier s’élève dans un bout de forêt jusqu’aux anciennes Mines des Argentières. Pas trop le temps de m’attarder, malheureusement… Après les mines, la pente devient quasi-nulle, et après environ une demi-heure, je parviens à l’Etang de Labant (1597m), au bord duquel quelques promeneurs profitent de leur pique-nique. Le sentier s’élève à nouveau à travers un pan de forêt, direction SSO, puis O, avant de bifurquer soudain à nouveau en direction du SE. Une première surprise m’attend. Le sentier sort de la forêt et remonte maintenant le long de la partie basse d’une crête, dévoilant, côté S, un magnifique panorama sur la ligne de crête reliant le Pic de Puntussan (2682m) et la Pique Rouge de Bassiès (2676m), ainsi que leurs crêtes nord respectives.

La première surprise du jour au sortir de la forêt…
A gauche, la ligne de crête à suivre pour arriver au sommet (non visible ici).
Regard en arrière, avec une jolie vue également.

ARRIVEE SUR LA CRETE

Je continue mon chemin le long des pentes herbeuses des Fouzes. Le panorama s’ouvre de plus en plus malgré le peu de dénivelé, mais le sentier à flanc de montagne, bien que facile à suivre, est étroit. Absorbé par la vue, je glisse bêtement et me râpe un genou. Juste quelques égratignures, qui vont pourtant me freiner dans ma progression. En effet, après une courte pause pour désinfecter les plaies, je peine à reprendre un rythme. Je suis à peine à 1750m d’altitude, il fait chaud et le chemin est encore long. Je retrouve heureusement de la motivation en imaginant le panorama de là-haut.

Le Col de las Fouzès (1944m, à gauche) et le Pic des Planes (2063m, au centre), premier sommet du jour.
Un autre regard en arrière. Le sentier emprunté est à peine visible.

Le parcours s’élève enfin pour de bon et devient un peu plus sportif. L’arrivée au col (1944m), situé entre le Pic de Cabanatous (2053m) et le Pic des Planes (2063m) est une révélation.  Un vaste panorama s’ouvre côté E sur les Etangs de Bassiès et d’innombrables crêtes.

Arrivée au Col de las Fouzès (1944m) et vue côté N sur le Pic de Cabanatous (2053m) et l’orri.
Vue plongeante depuis le col, côté E, sur les magnifiques Etangs de Bassiès au bleu profond et le refuge éponyme, avec, au fond à droite, la Pique d’Endron (2472m).

A une cinquantaine de mètres sur ma gauche, un couple dépasse l’orri. Quant à moi, je mitraille !! Le bleu profond des étangs situés en contrebas attirent tout particulièrement mon attention. Je devine le parcours du GR10, qui longe ceux-ci depuis le Refuge de Bassiès, avant de disparaître en direction de la Vallée du Vicdessos et du parking de Massada, l’autre accès principal à la Pique Rouge de Bassiès, dont le sommet est enfin visible !!

Zoom sur les Etangs de Bassiès, dominés par l’étonnant Pic du Far (1925m).
Juste au S des Etangs de Bassiès, la crête du Cap de Fum (2463m).
Début de montée vers le Pic des Planes (2063m), depuis le col. Au loin (centre-droite), on aperçoit enfin la Pique Rouge de Bassiès (2676m).
Zoom sur les Etangs de Bassiès, photo prise pendant la montée finale vers le Pic des Planes.

La montée direction SO  pour atteindre le Pic des Planes (2063m) est un régal. Je décide de faire une petite pause casse-croûte sur ce petit sommet, afin de profiter de la vue et de visualiser la suite du parcours.

Regard en arrière vers le NE depuis le sommet du Pic des Planes (2063m).
Côté NO, ce n’est pas mal non plus. Au deuxième plan, plein centre, la crête longée lors du début d’ascension.
Côté S, la suite du parcours: la crête N de la Pique Rouge de Bassiès (2676m, plein centre, tout au fond).
Vue côté SO, avec le sommet du Pic des Planes au premier plan.

Après une courte descente vers le Col de Morech (2024m),  le sentier s’élève doucement dans une grande estive, hésitant entre S et SSO. L’arrivée au Cot de Morech (2145m) marque la fin du parcours de crête et le début d’un parcours beaucoup plus accidenté. Il reste encore environ une distance de 3km et plus de 500m de dénivelé à grimper. Après un passage le long de quelques à-pics (côté O), le sentier contourne la crête rocheuse par la gauche. Quelques vautours tournoient autour de l’éperon rocheux du Pic des Fouziès (2281m). Sur ma gauche, une muraille de roche forme un superbe cirque.

Quelques vautours tournoient au-dessus du Pic des Fouziès (2281m).
Zoom sur le Pic des Fouziès et ses impressionnants à-pics.
A l’est de la Pique Rouge de Bassiès, une gigantesque muraille de roche forme un large cirque.

UNE FIN DE PARCOURS PLUTOT SPORTIVE…

Au fur-et-à-mesure que l’on s’élève, la roche est de plus en plus présente. Le sentier rejoint celui des Etangs des Lavants de l’Escale, puis se perd au milieu des blocs, juste en-deçà du Pic de Caumale (2523m). Le terrain n’est pratiquement plus que roche et je commence à être épuisé. Il est déjà 16h00.

La fin de parcours s’annonce pour le moins accidentée.
Zoom sur la Pique Rouge de Bassiès (2676m, à gauche) et le Pic de Caumale (2523m, à droite).

Mais qu’importe. Le sommet est là, face à moi. C’est tout droit ou presque, et la météo toujours aussi ensoleillée. Se frayer un chemin dans ce chaos rocheux, puis tout donner dans la dernière montée. Devenir une machine, le temps de quelques minutes. Je peine et je souffle, m’arrête tous les 20m, mais j’y suis presque…

Zoom sur le sommet de la Pique Rouge de Bassiès, où l’on aperçoit un petit groupe de randonneurs.
Regard en arrière vers le N.
La crête effilée du Pic de Belcaire (2657m), juste à l’est de la Pique Rouge de Bassiès.
Une fin de parcours éprouvante.

…ET ENFIN, L’ULTIME ET FABULEUSE RECOMPENSE !!

Ca y est, j’y suis !! Et j’en prends plein les yeux !! Comment décrire l’émotion du « peak-bagger » à son arrivée en haut d’un tel sommet ?? Je dirais que l’émotion est proportionnelle à la fois à la beauté du panorama et à la difficulté de l’ascension. Et autant vous dire que ce jour-là, l’émotion fut au rendez-vous. La vue à 360° est tout simplement fabuleuse !!

Le cairn sommital et le Pic de Belcaire (2657m, à droite).
Plein sud, vue imprenable sur le Pic du Montcalm (3077m), la Pique d’Estats (3143m) et le Pic du Port de Sullo (3072m).
Zoom sur le massif des +3000m.

Je suis encore en train de reprendre mon souffle lorsqu’un coureur apparaît près du cairn, avale une gorgée, puis disparaît presqu’aussitôt. Ca calme… Je dégaine mon appareil photo et mitraille tout autour de moi. Plein sud, le Pic du Montcalm (3077m) et le Pic du Port de Sullo (3072m) entourent la Pique d’Estats (3143m), point culminant de l’Ariège. Tout autour de moi, d’interminables crêtes rocheuses aux pointes acérées me ramènent à ma dimension d’être humain. Je ne suis qu’une toute petite fourmi dans ce paysage colossal, et chaque regard émerveillé que je pose sur cette immensité traduit mon éternelle reconnaissance à l’égard de Mère Nature de m’avoir laissé arriver jusque là-haut, et inconsciemment, la prie humblement de me guider sur le chemin du retour afin que je puisse conter, photos à l’appui, la beauté de ce décor grandiose. Voilà pourquoi j’aime marcher seul: pour pouvoir m’imprégner totalement de ces paysages jusqu’à en faire partie et retrouver ainsi, au travers de l’effort et de l’émerveillement, un peu d’humilité et de sagesse qui nous font si cruellement défaut de nos jours…

Côté SO, l’impressionnante crête de Puntussan.
Plein O, des montagnes à perte de vue…

L’INTERMINABLE DESCENTE

Après avoir constaté que le sommet se trouve en fait quelques dizaines de mètres à l’ouest du cairn sommital, je m’assieds un peu et en profite aussi pour me désaltérer et manger un morceau. Un accenteur alpin (Prunella collaris) volette autour de moi. C’est ma première rencontre avec cette espèce de passereau -que je n’identifierai avec certitude qu’à mon retour à la maison- et un autre temps fort de cette randonnée.

Accenteur alpin (Prunella collaris).
Début de descente (même itinéraire qu’à l’aller) et vue sur le massif du Pic des Trois Seigneurs (2199m, au loin).

Il est 17h45 et donc grand temps de rentrer. Au bout d’une bonne trentaine de minutes de descente, je croise un autre randonneur qui installe son campement pour la nuit à l’ombre de la crête rocheuse longée à l’aller. Nous échangeons pendant un bon quart-d’heure, puis je reprends ma route. Juste avant le Cot de Morech, je rejoins le sommet de la crête et retrouve avec plaisir le soleil. Je me délecte des bleutés des innombrables crêtes qui s’étirent côté ouest, avec en toile de fond le Mont Valier (2838m). La fin de descente, qui emprunte exactement le même itinéraire qu’à l’aller, est interminable, mais se passe sans histoire. Il est 20h30 lorsque j’arrive à la voiture, soit une heure environ avant la nuit. Quelle journée !!

Quand les montagnes deviennent bleues…

LE PARCOURS

Distance: environ 16.5km; dénivelé: environ 1400m; durée: 8h45.

Difficultés: parcours assez long, mais dénivelé très progressif. La deuxième moitié de parcours est un peu plus sportive et l’orientation peut s’avérer délicate, notamment sur les derniers 1.5km, en cas de mauvaise visibilité. Bien vérifier les prévisions météorologiques (attention aux risques d’orage !!) et se renseigner si possible sur les conditions d’enneigement (qui peuvent requérir du matériel spécialisé et certaines compétences, que je n’ai d’ailleurs pas à ce jour), même en été.

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12 réponses sur “PIQUE ROUGE DE BASSIES: JUSTE FABULEUX !!”

  1. Bravo pour ce 1er article qui met l’eau à la bouche… ou plutôt des envies de mettre un pied devant l’autre… Superbes photos.

  2. Merci beaucoup pour cet article ! N’ayant fait que 2 randos dans ma vie, ça me donne envie de continuer jusqu’à pouvoir en profiter seule.

    Hâte de voir le prochain post !

    1. Merci Kellhi !!

      Ravi que cet article t’ait plu, n’oublie pas de t’abonner pour recevoir un notification par mail à la parution de chaque nouvel article !!

      Amicalement

      David

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